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Benjamin Delles
Présidentde laFédération MPF des Français de l'Etranger

POUR LES FRANCAIS DE L'ETRANGER ACTUALITES & INFOS PRATIQUES

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POUR LES FRANCAIS DE L'ETRANGER LIBRES PROPOS  Partager

Samedi 5 février 2011

Un monde à bout de souffle dominé par le matérialisme économique

Une dynamique économique et sociétale qui repose sur la productivité du travail et la croissance.

Le grand espoir du 20e siècle ». Il y montrait que la productivité du travail était la source de l’augmentation des richesses économiques. Si une usine d’automobiles produit deux fois plus de voitures avec le même nombre de salariés la productivité du travail a doublé. Si un agriculteur produit deux fois plus de quintaux de blé à l’hectare, sa productivité a doublé. Grâce aux progrès scientifiques et techniques, on considérait que l’augmentation de la productivité du travail finirait bien par profiter à l’ensemble des hommes.
Jean Monnet qui avait appelé Jean Fourastié au commissariat du Plan écrit dans ses Mémoires ; « Je fis confiance à Fourastié qui voyait clair et loin… C’est à travers le Plan et ses commissions de Productivité qu’il a pu faire passer dans la réalité sa conception d’un effort de production plus utile, plus rationnel et plus efficace qui libère l’homme des servitudes les plus pénibles ». Le livre a connu bien des rééditions. Dans celle de 1989, quarante ans après la première parution, la présentation soulignait à juste titre que les grandes tendances révélées dans le livre s’étaient bien réalisées, tout en reconnaissant que le bonheur attendu de l’augmentation du niveau de vie n’était pas au rendez-vous.
Parallèlement à la productivité du travail, la notion de croissance du Produit Intérieur brut (PIB), qui mesure les richesses économiques produites dans un pays au cours d’une année, a joué un rôle central dans l’idéologie économique, c'est-à-dire les idées les mieux partagées par tout un chacun.  On a pu parler à juste titre de religion du PIB au sens où c’est bien la boulimie du toujours plus qui tient lieu de ciment dans notre société. Comme le dit Maurice Bellet dans son livre « La seconde humanité » ayant pour sous titre « De l’impasse majeure de ce qu’on appelle l’économie » : « C’est la fuite en avant qui permet de tenir debout, c’est la boulimie d’innovation, de production, de vente, de chiffre d’affaires, de consommation qui est l’équilibre même de l’homme de l’écorègne ».
La religion de la croissance du PIB faisait à peu près l’unanimité au Nord qui dominait le monde, car les États providence assuraient dans un cadre national les progrès de l’éducation et de la santé avec un système de protection sociale performant. L’équilibre des forces entre capital et travail était assez bien assuré grâce aux syndicats. Durant cette période, l’augmentation des richesses économiques était la finalité dernière, mais le caractère néfaste de la primauté donnée à cette finalité n’apparaissait guère compte tenu des régulations exercées par les États nationaux, compte tenu du fait que tout le monde en « profitait » peu ou prou. Ceci étant, les valeurs du capitalisme triomphaient. Le communisme soviétique avait réduit ses ambitions à l’idée qu’il allait se montrer plus efficace que le capitalisme dans l’augmentation du niveau de vie. Le mouvement ouvrier français avait rangé au placard les valeurs qui étaient les siennes à l’origine du socialisme. Il se souciait principalement d’avoir sa part du gâteau de la croissance.
 
La mondialisation comme nouvelle étape dans l’autonomisation de l’économie
On peut considérer que le triomphe du libéralisme économique promu par Margaret Thatcher et Ronald Reagan dans les années 1980 n’a été qu’une nouvelle étape de cette autonomisation de l’économie par rapport au politique. On assiste alors à une dérégulation des économies et du système bancaire, à une mise en concurrence généralisée avec cette idée que l’abaissement des barrières douanières va entraîner des progrès pour tous. Mais jouer sur la mondialisation n’est pas à la portée de tout un chacun. Ce sont par définition les multinationales qui peuvent en profiter. Elles font du dumping social en recherchant les lieux de production où les salaires sont les plus faibles, elles font du dumping fiscal en installant leurs activités là où la taxation des entreprises est minimale et elles  profitent de toutes les facilités que leur offrent les paradis fiscaux 1. C’est la loi de la jungle où les plus forts l’emportent. Les inégalités se creusent dans tous les pays entre ceux qui profitent du système et ceux qui en sont exclus, en Chine comme aux Indes. Quant à la France, c’est à partir du milieu  des années 1980 que les inégalités se sont accrues. La part du 1% des plus riches est passée de 7% à 9% du revenu national au cours des vingt dernières années 2. La situation se détériore pour les plus démunis, mais grâce à notre protection sociale qui se maintient vaille que vaille, la France demeure après les pays nordiques parmi les pays les moins inégalitaires de la planète.
 
Frivolité de la valeur 3
Il est important de souligner l’évolution de la « science » économique à partir du marginalisme qui considère que la valeur d’un bien ne dépend plus du volume de travail qu’il a fallu dépenser pour le créer, mais de la désirabilité du consommateur à l’égard de ce bien. Le mouvement d’abstraction, pourrait-on dire, a eu son parallèle dans l’évolution historique du capitalisme. D’abord commercial, puis industriel, le capitalisme est devenu financier au cours des siècles. « La question de la valeur des choses est devenue obsolète sous toute autre forme que leur valeur monétaire telle qu’elle se présente sur le marché » 4.Charles Péguy parlant de l’argent en juillet 1914, écrivait déjà : « …l’appareil de mesure et d’échange et d’évaluation a envahi toute la valeur qu’il devait servir à mesurer, échanger, évaluer. L’instrument est devenu la matière et l’objet et le monde…c’est un évènement aussi monstrueux que si l’horloge se mettait à être le temps… » 5. Ces dernières décennies, la finance internationale a créé de nouveaux objets financiers si compliqués que le banquier ne sait pas ce qu’il vend à « un client qui ne sait pas ce qu’il achète ». La dérégulation des banques et du secteur financier a entraîné une économie financière spéculative et il y a maintenant  « une finance de marché non contrôlée qui représente 20 à 30 fois la valeur de l’économie réelle ». 6
 
Les actionnaires et les consommateurs font la loi
Cette autonomie de l’économie par rapport au politique fait système et le consommateur a pris le pas sur le citoyen.  Dans le supercapitalisme 7 ce sont les consommateurs et les actionnaires qui font la loi. Robert Reich montre que les évolutions techniques rapides et la mondialisation ont entraîné une grande incertitude pour les entreprises, les amenant  à s’adapter constamment à un univers changeant. Les entreprises ne garantissent plus la stabilité de l’emploi à leurs salariés. Une compétitivité toujours plus féroce les amène à piloter à vue et à se comporter comme si les salariés étaient un moyen de production comme un autre, comme le sont les machines et les équipements. La grande distribution fédère les intérêts des consommateurs, ce qui lui permet de faire pression sur les agriculteurs et les industriels pour qu’ils abaissent leurs prix. Si les producteurs régionaux ou nationaux ne veulent pas ou ne peuvent pas baisser leur prix, on achète à l’étranger grâce à la mondialisation, aux facilités de communication et de transport avec le pétrole bon marché. Le consommateur est gagnant. L’actionnaire aussi car il exige une rentabilité des capitaux de plus en plus élevé. Cela se fait aux dépens des salariés. Le salarié est jetable 8. Et pour permettre aux entreprises d’être plus compétitives, on tend à remettre en cause l’État providence, à réduire les charges sociales.
Au niveau mondial, comme l’a souligné depuis longtemps le Programme des Nations Unies pour le Développement, la croissance ne se fait pas au profit des besoins essentiels.
« L’augmentation de la consommation à l’échelle de la planète ne se fait pas en direction des plus nécessiteux. La consommation progresse rapidement  pour les riches mais plus d’un milliard de personnes en sont exclues ».  Pour plus d’un milliard de personnes une augmentation de la consommation serait vitale. Pour les nantis, en revanche, l’escalade de la consommation est devenue une drogue. La diffusion par la publicité de « normes de consommation » est favorable à la consommation de produits de luxe qui augmente plus vite que celle de la production des produits de première nécessité 9.
De la publicité dépend en France l’équilibre économique des medias, on comprend alors qu’il est difficile de remettre en cause la publicité et toute la logique économique dont elle est l’instrument.
 
Perte de sens de la productivité du travail et de la croissance
La productivité du travail a une signification relativement claire lorsqu’il s’agit de produire des biens agricoles ou industriels. Mais comment mesurer la productivité du travail d’un enseignant ou  d’un médecin ? Or les services représentent aujourd’hui les deux tiers de l’activité économique. Le rédacteur en chef d’Alternatives Économiques rendant compte du livre de Jean Gadrey « Services : la productivité en question » écrivait : « La définition du produit dans les services pose de difficiles problèmes méthodologiques qui rendent périlleux tout calcul des gains de productivité. Une catastrophe pour les économistes, car cette remise en cause conduit à contester… la notion même de croissance économique… : c’est la capacité même de la science économique à fournir des outils permettant de juger de l’efficacité du système économique qui est remise en cause » 10.
Dans les pays riches, il n’y a plus corrélation entre augmentation du niveau de vie telle que nous le calculons avec le PIB et la qualité de la vie sociale. Si l’on prend l’exemple des E.U. un indicateur de « santé sociale » a été créé qui regroupe des indicateurs concernant les inégalités entre riches et pauvres, la mortalité infantile, la pauvreté infantile, le suicide des jeunes, les homicides, l’usage des drogues chez les adolescents, le chômage, la pauvreté des personnes âgées etc. Jusqu’au début des années 70, le PIB et l’indicateur de santé sociale ont progressé parallèlement, il y a eu ensuite un décrochage spectaculaire. Le PIB a poursuivi sa progression pendant que l’indicateur de santé sociale a chuté brutalement 11.
Les critiques qui pouvaient être faites à l’économisme, c'est-à-dire à la domination de la société par l’économie, ont été nombreuses et venaient d’horizons très différents. Elles ont été particulièrement marquées au tournant du 19e et du 20e siècle. La naissance de la sociologie peut-être interprétée comme une volonté de comprendre la société à une époque où la recherche par chacun de son intérêt personnel devenait un ferment de destruction du vivre ensemble. À cette même époque Charles Péguy écrivait ses textes sur l’argent. Mais toutes les analyses critiques et mises en garde sont restées sans effet. L’autonomie de l’économie par rapport à des finalités éthiques et politiques s’est accentuée pour aboutir au caractère démentiel de la crise actuelle. On est passé de l’argent roi à l’argent fou. 
 
Les contraintes écologiques obligent à revoir nos modes de production et de consommation
Aujourd’hui le réchauffement climatique, la raréfaction de ressources non renouvelables comme le pétrole ou les minéraux, l’exploitation excessive des ressources renouvelables auxquelles on ne laisse pas le temps de se renouveler (les ressources de la pêche, les nappes phréatiques…) amènent à reconnaître qu’il faudra revoir radicalement nos modes de production et de consommation. 
Le caractère néfaste des modes de calcul de la productivité du travail apparaît nettement. Lorsqu’un agriculteur produit deux fois plus de quintaux à l’hectare, on ne prend pas en compte les dégâts sur l’environnement qu’entraîne souvent l’agriculture industrielle : pollution venant de l’utilisation d’engrais et de produits phytosanitaires, dégradation des sols, épuisement des nappes phréatiques, réduction de la biodiversité. Un certain mode de calcul de l’efficacité comptait pour rien les ressources naturelles qui paraissaient surabondantes. L’économiste René Passet était bien isolé quand il critiquait une science économique qui amène « à développer une logique et à inspirer des actions qui s’inscrivent en contradiction formelle avec les mécanismes présidant à la reproduction du vivant » 12.
 
Prise de conscience que la croissance n’est pas le remède magique
Le petit livre de Jean Gadrey « Adieu à la croissance » paru en 2010 est représentatif du tournant pris par certains économistes. La croissance, écrit Jean Gadrey, était considérée comme « le remède magique à toutes les inégalités et injustices ». « Nous tenions tous de tels raisonnements… il y a quelques années ». Enfin presque tous. Quand certains d’entre nous critiquaient l’illusion de la croissance comme LA solution à tous nos maux, des amis de la revue Alternatives Économiques nous répondaient : « Peut-être avez-vous raison mais on ne sait pas faire autrement ». Ils cherchaient des réponses à l’intérieur de la logique économique du toujours plus de richesses économiques, sans remettre en question cette notion même de  richesse. Denis Clerc qui a fondé en 1980 le mensuel Alternatives économiques et qui peut être fier du chemin parcouru puisque Alternatives économiques est un mensuel économique à fort tirage, reconnu pour sa qualité, qui s’est constamment battu pour plus de justice sociale et contre le dogmatisme du libéralisme économique. Mais Denis Clerc en octobre 2010 pour le numéro du trentième anniversaire 13 reconnaît qu’Alternatives économiques a participé au mythe de la croissance comme préalable à la solution à tous les problèmes. Il note « l’ambiguïté entretenue sur la question de la croissance, depuis le début du journal ». Tout en rappelant  que les questions de maîtrise de l’énergie, de pollution, de course au « toujours plus » ont été une thématique très présente dans le journal, il écrit : « Mais d’un autre coté, la liste des articles critiquant telle ou telle mesure au motif qu’elle ne favorisait pas la croissance, le pouvoir d’achat et l’emploi est infiniment plus longue ». Autrement dit, la croissance et ses effets bénéfiques pour l’emploi restaient en dernier ressort LA finalité. Le livre de Jean Gadrey a convaincu Denis Clerc qu’il faut cesser d’être chauve-souris et qu’il faut trancher : « On ne peut plus être favorable à la croissance dans le court terme et réservé ou critique dans le long terme ». Il considère qu’il faut articuler écologie et économie et que la tâche d’Alternatives Économiques pour les trente ans à venir sera de chercher un modèle viable pour nos petits enfants sans qu’aujourd’hui devienne invivable.
 
Articuler écologie et économie, certes, mais c’est insuffisant
Les modes de production et de consommation sont remis en question par les impasses écologiques. Est-ce que cela veut dire que l’économisme qui entraîne à l’heure actuelle misère et exclusion pour une grande partie de la population dans le monde va évoluer vers un système plus vertueux ? Rien n’est moins sûr. On peut craindre au contraire que les luttes pour contrôler les matières premières accentuent les conflits entre nations, que la guerre économique et la recherche de la compétitivité dans une économie mondialisée ne détruisent les systèmes de protection sociale. Nous sommes à la croisée des chemins comme l’exemple de l’Irlande peut l’illustrer. L’Irlande était vantée avant la crise pour sa réussite économique et sa forte croissance. Ses succès venaient de ce qu’elle pratiquait le dumping fiscal en taxant peu les entreprises qui avaient tout intérêt à venir s’y installer. Aujourd’hui le déficit budgétaire de l’Irlande a atteint de telles proportions qu’elle ne peut plus emprunter qu’avec difficulté et à des taux très élevés. Pour combler le déficit, certains considèrent que l’Irlande doit augmenter le taux d’imposition des entreprises. Récemment un économiste considérait au contraire que c’est une mauvaise solution, et que l’Irlande pour rester compétitive doit maintenir un faible taux d’imposition des entreprises et tailler dans les dépenses sociales.
Pour espérer une évolution favorable plus soucieuse du bien commun, on ne peut pas s’en remettre à l’idée que les nécessités écologiques vont nous mettre sur la bonne voie. Non, il faut avoir en tête les critiques faites à l’économisme au nom d’une certaine idée de l’homme. Se convaincre avec Gandhi que la terre peut nourrir tous les hommes mais pas leur cupidité, ou encore qu’il faut vivre simplement pour que simplement les autres puissent vivre. Se convaincre avec Péguy que c’est le travail individuel ou collectif à faire en art, en science, et en philosophie qui est indéfini et non pas l’accumulation de richesses matérielles. Au risque de paraître bien naïf, il faut poser la question : produire et consommer pour répondre à quels besoins ? Simone Weil considérait que, de même que les besoins de nourriture, de sommeil, de chaleur étaient nécessaires à la vie du corps, il fallait tenter d’énumérer les besoins de l’âme, faute de quoi les gouvernements étaient condamnés à s’agiter au hasard. Il faut ouvrir un débat à tous les niveaux pour discuter des finalités en fonction des besoins. Tout en étant  conscient de la difficulté de ce débat, car il faut se méfier de la prétention  de définir les besoins objectivement valables pour toutes les populations, tous les pays et tous les continents. Les mesures quantitatives sont intéressantes, comme le nombre de dollars disponibles par personne, mais elles sont souvent sans grande signification. Le livre de Majid Rahnema « Quand la misère chasse la pauvreté » critique la colonisation par le modèle occidental des esprits des riches et des pauvres, au Nord comme au Sud, à l’Est comme à l’Ouest 14.
 
Pour une économie qui serait au service des besoins essentiels
Remettre l’économie sur ses pieds serait la mettre au service des besoins essentiels à satisfaire. Pour les tenants de la « science » économique cette affirmation n’a pas de sens car ce qui se vend correspond évidemment à un besoin, et l’on ne voit pas pourquoi certains pourraient prétendre définir les besoins essentiels 15. Il n’empêche que la communauté internationale a cru bon de définir ce que l’on appelle les objectifs du millénaire qui représentent bien une certaine idée des besoins essentiels à satisfaire. En 2000, à l’ONU, 189 pays avaient défini 8 objectifs à atteindre en 2015, notamment 1) Réduire de moitié l’extrême pauvreté et la faim 2) Assurer l’éducation pour tous 3) Promouvoir l’égalité des sexes et améliorer le sort des femmes  etc. Aujourd’hui il est clair que ces objectifs ne seront pas atteints et que l’économie  mondiale  ne  s’est pas organisée et réformée en conséquence.
Pour sa part, Alain Supiot 16 rappelle que c’est le 10 mai 1944 qu’a été proclamée la première Déclaration internationale des droits à vocation universelle, qui définissait les buts et objectifs de la l’Organisation internationale du travail (OIT). Il s’agissait d’une œuvre normative qui voulait tirer les leçons des désastres des deux guerres mondiales. La Déclaration de Philadelphie donnait une définition globale de la justice sociale : « Tous les êtres humains, quels que soient leur race, leur croyance ou leur sexe, ont le droit de poursuivre leur progrès matériel et leur développement spirituel dans la liberté et la dignité, dans la sécurité économique et avec des chances égales ». Et cette déclaration faisait de la réalisation de la justice sociale « le but central de toute politique nationale et internationale ». A. Supiot analyse le grand retournement qui a eu lieu depuis cette déclaration : « Au lieu d’indexer l’économie sur les besoins des hommes, et la finance sur les besoins de l’économie, on indexe l’économie sur les exigences de la finance et on traite les hommes comme du « capital humain » au service de l’économie » (25).
La doctrine sociale de l’Église s’oppose frontalement à la prétention de l’économie à l’autonomie, mais son impact sur les orientations politiques et les institutions paraît bien  inexistant, faute d’être relayée dans les communautés croyantes, faute d’engager un véritable dialogue tenant compte des contraintes que les responsables politiques ont à affronter, faute de reconnaître que la voix de l’Église n’est jamais qu’une voix parmi d’autres à la recherche tâtonnante de solutions 17.
 
L’Église a produit des saints, elle n’a pas réellement contribué à humaniser les rapports sociaux
Albert Rouet dans son livre « J’aimerais vous dire » constate « que l’Église est plus sévère dans la morale privée que dans la morale sociale » (p.165). « Une de mes grandes questions, c’est que l’Église a produit des saints, beaucoup, des gens remarquables, elle a produit des penseurs, elle a produit des artistes mais elle n’a pas réussi à faire une société juste. En gros elle a moralisé des individus. Oh c’est toujours à reprendre ce n’est jamais fini…Mais elle n’a pas humanisé les rapports sociaux. C’est une question terrible. Parce qu’il est plus facile de dire à un individu : « Ce que tu fais est un péché » que de dire à une société qu’elle vit structurellement en état de péché en état d’inhumanité ». (pp.234/235).
Le texte de Benoît XVI « L’amour dans la vérité » paru en 2009 avec quelque retard devait célébrer le quarantième anniversaire de l’encyclique de Paul VI « Populorum Progressio » parue à Pâques 1967. C’est « un de ces beaux textes sociaux comme l’Église Catholique sait en ficeler » 18. Il souligne combien la question sociale est devenue mondiale, que le développement pour être authentique doit promouvoir tous les hommes et tout l’homme. Il insiste sur le fait que la charité « n’existe jamais sans la justice qui amène à donner à l’autre ce qui est sien, c'est-à-dire ce qui lui revient en raison de son être et de son agir » (p.8). Il rappelle que le « profit est utile si, en tant que moyen, il est orienté vers un but qui lui donne un sens relatif » car  « La visée exclusive du profit…risque de détruire la richesse et d’engendrer la pauvreté ». Il met en garde contre les méfaits d’une activité financière spéculative et de l’exploitation anarchique des ressources de la terre. Ceux qui défendent la notion d’économie plurielle sont ravis de voir l’intérêt porté à un secteur de l’économie qui n’est ni l’économie de marché, ni l’économie publique, et qui relève de l’économie sociale et solidaire. Fondamentalement le texte condamne fermement l’autonomisation de l’économie par rapport au politique. « L’activité économique ne peut résoudre tous les problèmes sociaux par la simple extension de la logique marchande. Celle là doit viser la recherche du bien commun, que la communauté politique d’abord doit aussi prendre en charge. C’est pourquoi il faut avoir présent à l’esprit que séparer l’agir économique, à qui il reviendrait seulement de produire de la richesse, de l’agir politique, à qui il reviendrait de rechercher la richesse au moyen de la redistribution, est une cause de graves déséquilibres » (57). « La sphère économique n’est, par nature, ni éthiquement neutre ni inhumaine et antisociale... elle doit être structurée et organisée institutionnellement de façon éthique ». (58)
Il reste que la lecture de ce beau texte social bien ficelé baigne dans l’autosatisfaction de détenir la vérité de toute éternité, comme le montrent les innombrables références lassantes aux seuls textes de Benoît XVI ou des « Saints Pères » qui l’ont précédé. N’aurait-il pas été plus convaincant de se demander quarante ans après Populorum Progressio, comment il se fait que la mondialisation a tourné le dos aux beaux principes et qu’il y a de l’ordre de 900 millions d’humains qui ont faim chaque jour ? N’aurait-il pas été plus convaincant de descendre du piédestal, de s’interroger sur la part de responsabilités des chrétiens dans ce scandale, de voir comment concrètement, pratiquement les chrétiens peuvent contribuer à une autre orientation de la mondialisation, de soutenir ceux qui sont en mission menacés de mort car solidaires des paysans sans  terre victimes des latifundiaires en Amérique latine ? Un discours incarné donnerait évidemment lieu à débats, contestations, confrontations mais ne serait-ce pas plus fructueux que de tenir des discours en surplomb très  confortables pour le magister ?
On peut remarquer que la hiérarchie n’a pas la même prudence lorsqu’il s’agit de la morale privée, comme l’atteste l’excommunication  par l’archevêque de Recife 19 de l’entourage d’une fillette de 9 ans qui avait avorté après avoir été violée par son beau-père. Le cardinal Ré a apporté à l’archevêque l’appui de Rome. De même, en 2007 le Vatican en la personne du Cardinal Renato Martino avait appelé les catholiques à ne plus financer Amnesty International qui avait demandé la dépénalisation de l’avortement pour les femmes victimes de viol, d’inceste ou dont la grossesse met leur vie en danger.
 
Gagner ou perdre aujourd’hui et ici
Ce monde est à bout de souffle. Rien n’assure qu’il ne va pas poursuivre sur sa lancée mortifère. Il est terrifiant de constater que les principaux acteurs de la crise financière qui a ébranlé l’économie mondiale, ne sont nullement convaincus de la nécessité de réformes de grande ampleur pour ne pas retomber dans les mêmes errements 20. Les opinions des pays occidentaux traumatisés par le ralentissement de l’accumulation de richesses économiques sont tentées par le populisme, la recherche de boucs émissaires et le rejet de l’autre. Nos démocraties sont fragiles. En Chine, si le politique domine l’économie c’est pour en faire un instrument de sa puissance et de son impérialisme. Bien d’autres arguments peuvent être avancés pour donner à penser que nous allons collectivement dans le mur et que l’accumulation des moyens de notre autodestruction est  impressionnante. Mais il faudrait aussi voir tout ce qui se cherche et qui permet d’espérer un autre avenir 21. La place manque pour le faire.  Optimisme, pessimisme ? Nous n’avons pas le choix, il faut nous battre. Ce n’est pas « un combat  où on aura bien le temps… Il faut gagner ou perdre aujourd’hui et ici » 22.

Guy Roustang

  1. Voir l’étude du CCFD parue le 7 décembre 2010 sur les paradis fiscaux. Les 50 plus grandes entreprises européennes comptent 4700 filiales dans les pays les plus accueillants juridiquement et fiscalement.
  2. Voir le Hors série N°86 d’Alternatives Économiques.
  3. Jean-Joseph Goux. Frivolité de la valeur. Essai sur l’imaginaire du capitalisme. Ed. Blusson.
  4. Hugues Puel. Responsabiliser la finance. In Dossier : l’argent trompeur. Lumière et Vie. Avril-juin 2010.
  5. Charles Péguy. Œuvres en prose complètes. Tome III, p.1456.
  6. Hugues Puel, opus cité.
  7. Robert Reich. Supercapitalisme. Ed. Vuibert 2008.
  8. Bien sûr, ceux qui ont une activité professionnelle sont à la fois salariés et consommateurs et la place manque pour analyser quelles catégories de la population souffrent plus spécialement aujourd’hui de ce supercapitalisme. Mais l’analyse de Robert Reich a l’intérêt de complexifier l’opposition trop simple entre travailleurs et capitalistes. Elle explique comment le Supercapitalisme profite de la connivence du consommateur et de son aliénation.
  9. Rapport mondial sur le développement humain, 1998.
  10. Alternatives Économiques n°148, mai 1997.
  11. Jean Gadrey. Adieu à la croissance. Bien vivre dans un monde solidaire. Ed. Les petits matins/Alternatives Économiques, août 2010, p.31 à 41.
  12. René Passet. L’économique et le vivant. Ed. Payot. Paris 1979.
  13. Alternatives Économiques. Octobre 2010, pp.78 et 79.
  14. Voir la recension de ce livre sur le présent site, dans les Rubriques, le dossier sur la pauvreté.
  15. Voir les déclarations ambiguës de Jean Boissonnat in L’évêque et l’économiste. Presses de la renaissance p.228.
  16. L’esprit de Philadelphie. La justice sociale face au marché total. Ed. Seuil. Janvier 2010.
  17. Malheureusement dans L’amour dans la vérité, on retrouve avec insistance l’idée que « l’humanisme qui exclut Dieu est un humanisme inhumain ». Ed. Bayard, Cerf, Fleurus-Mame, 2009 p.128.
  18. J.L. Schlegel in Esprit - février 2010.
  19. Cet archevêque de Recife succédait à Dom Helder Camara qui disait : quand je donne à manger aux pauvres, on me considère comme un saint, lorsque je demande pourquoi les pauvres ont faim on me traite de communiste.
  20. Voir le film documentaire Inside Job sorti en novembre 2010 sur la dépression mondiale.
  21. Pensons par exemple au succès considérable du film « Des hommes et des dieux », du petit texte de Stéphane Hessel « Indignez-vous ».
Charles Péguy. Œuvres complètes, tome III page 1460.
27 octobre 2010

L'économie mondialisée a l'origine de la crise économique et sociale:
La source du mal français vient du dérèglement de l'économie qui s'est amorcé au cours des années 75~80. La transition entre la somme d'économies nationales au service d'intérêts nationaux a l'économie mondialisée d'aujourd'hui au service du profit en soi.

La transition d'une économie contenue au service d'intérêts nationaux à une économie décadente, dérégulée, au service du «plus de bénéfice » qu'elle exige et d'intérêts déconnectés du commun des mortels. Le « plus de profit » entraîne des aberrations humaines et morales comme la fermeture d'unité de production rentable, des marges de 300 a 600%, une spéculation galopante qui crée et recrée des bulles financière, des fluctuations dangereuses, déconnectées de la réalité du cours des actions, des monnaies et des matières premières.

Le rapport de force entre les intérêts économiques et les intérêts populaires n'a cessé de se déséquilibrer, le syndicalisme nécessaire a l'équilibre des intérêts entre patronat et salariat, est on ne peut plus affaibli du fait de la mutations de l'économie française passant de la prédominance de l'industrie a la prédominance des services, le noyau industriel syndicaliste a disparu. Aujourd'hui les usines ont disparues, les ouvriers avec et la force syndicale aussi. En même temps, la montée du chômage a accentué la peur de perdre son emploi et donc a affaibli les revendications salariales. La pression sur les employés n'a cessé de s'accentuer pour augmenter la productivité. Les mouvements de fusions acquisitions toujours plus amples, n'ont fait que renforcer la force et l'emprise des entreprises sur la nation, elles sont maintenant trop grosses pour défaillir. Dans la France de 2010, les groupes économiques sont tous puissants, les décisions politiques sont prises et adaptées a leurs avantages ou annulées si ces une charge pour eux (taxe carbone), et rien n'est fait pour les contrariés, par contre les peuples doivent toujours plus se sacrifier pour les entreprises au delà du raisonnable. Il n'y a cas voir l'affaire des suicides au travail en France.

Par ailleurs, la consommation de l'occident est financée par l'endettement des ménages, des entreprises et des gouvernements. Le niveau de vie des démocraties occidentales est artificiellement maintenu grâce au recours systématique au crédit.

Crédits hypothécaires à taux fixe ou variable pour l'immobilier, prêt revolving dans les magasins, paiement différés à plusieurs échéances, endettement pour l'accès aux études supérieures, endettement pour tout. Alors que dans le même temps les balances commerciales sont déficitaires. Les banques qui n'ont-elles même plus d'argent à prêter se font renflouer par les états qui ont aussi les poches vides et se tourne vers les pays asiatiques et leurs réserves de devises pour financer non seulement leurs investissements mais aussi leurs fonctionnements, le fonctionnement des banques et par conséquents toute l'économie.

La sphère financière spéculative qui concentre 98% des transactions financières mondiale aboutit à la création de bulles a intervalle de temps toujours plus rapproché (nouvelle technologie, immobilier…) qui lorsqu'elles éclatent, détruisent toujours plus d'emplois et de vie. L'attrait que représente la spéculation détourne les investissements de l'économie réelle, même les collectivités publiques s'y mettent. La masse de capitaux flottants détenue par les fonds d'investissement fait fluctuer artificiellement le cour des matières premières, des actions ce qui a des conséquences immédiates sur la vie des gens et leur emploi dans le monde entier. Cette masse de capitaux en attente de proie spéculative augmente l'amplitude des variations boursières sans liens avec la réalité
économique.

Les différences entre les coûts de main d'oeuvre selon les pays combinées avec la chute des droits de douane, les progrès immenses des technologies de la communication et du transport et la mobilité accrue des personnes mettent en compétition directe les peuples les uns avec les autres pour la production des biens. C'est a celui qui sera le moins cher ! Les industriels délocalisent donc les centres de production vers ces pays à faible coût. La différence entre les salaires des travailleurs est la cause de la désindustrialisation de la France et de son appauvrissement. Les inégalités salariales constituent le fondement du néocapitalisme mondialisé, toutes les entreprises tentent d'en profiter, elles ont intérêt à ce que les inégalités s'amplifient et perdurent.

Depuis toujours, la richesse est à l'endroit de la production, et du commerce. La vente des produits rapporte des devises, de la richesse. Les pays occidentaux ne produisant plus rien, les balances commerciales se sont constamment dégradées, l'importation systématique des produits manufacturés à bas prix venant d'Asie a saignée l'économie française. Le « made in china » est a double tranchant, dans un premier temps les consommateurs accèdent a des produits qu'ils n'auraient pas pu acheter, ou sont séduits par les prix défiants toutes compétitions, mais le commerce de ces biens asphyxie le marché cible car aucun concurrent ne peut rivaliser. L'hémorragie de capitaux qui en découle, combiné avec la disparition des acteurs économiques locaux est fatale pour l'industrie des pays visés.

Par ailleurs, ces produits sont souvent de mauvaise qualité et sont inutilisables quasi immédiatement après leur achat, il n'y a qu'a voir les tourne-visses qui sont « foirés » a leur seconde utilisation ou tous ces aciers «inoxydables» qui rouille alors même qu'ils sont encore exposés dans les rayonnages des grandes surfaces. Certains produits de mauvaises qualités sont même dangereux comme les laits pour bébé frelaté, les bonbons à la mélamine ou les voitures chinoises de la mort. Les pouvoirs publics doivent protéger les français de ces produits qui sont, à tous point de vue, néfastes.

Sur le plan environnemental aussi, cette stratégie de la production de masse de biens, initiée et entretenue par le gouvernement chinois, est une catastrophe absolue. Pour minimiser les couts de production, les chinois produisent dans des conditions meurtrières pour l'environnement. Evidemment pour produire à bons marché, on ne peut se permettre de dépenser pour retraiter les déchets industriels, on les bourre à la rivière ou a la mer.

Les scandales successifs des rivières chinoises polluées par des milliers de tonnes de mercure illustrent ces négligences. Par ailleurs, le fait de produire au plus bas cout possible entraine une diminution de la qualité, mais aussi par conséquence de la durée de vie du bien vendu. Comment ne pas être enragé par ces chaussures chinoises a moins de 10 euros qui se déchirent a la troisième semaine d'utilisation, par tous ces jouets qui se cassent deux semaines après leurs achats. Cette baisse inacceptable de la fiabilité des biens entraine un gaspillage des matières premières qui sont pourtant des ressources de plus en plus rare sur notre terre aux limites de plus en plus palpables. On l'achète, le produit se casse, on en achète un autre et ainsi de suite… La machine productive tourne dans le vide et gaspille. Stop !

En parallèle du dérèglement économique, s'est déroulé une rupture des valeurs et des repères de la nation. Le progrès matériel comme seul et unique objectif a écrasé toutes les autres valeurs qui sont pourtant nécessaires à l'humanité et qui ont permis a la France de traverser les siècles. Conjugué à cela, la culture de la transgression des limites sociales et morales, a la mode encore aujourd'hui, a fait voler en éclat les structures sociales du peuple française. La dérision érigée dogme a usée la France.

La réhabilitation de la France ne peut se faire qu'en réhabilitant aussi les valeurs fondatrice de ce pays, tel que l'intégrité, le courage et l'amour, et par-dessus tout notre culture française. Il ne s'agit pas de s'opposer à la modernité et de se tourner vers le passé pour relever les défis de demain, mais bien d'inclure nos valeurs fondatrices historiques et notre expérience collective dans le modèle de société nécessaire à la France. On ne peut pas considérer que les valeurs qui ont permis à la France de traverser tant de siècles soient brusquement obsolètes et inutiles. Le catholicisme, le père, le mariage, la famille, l'honneur, l'engagement ont fondé la France pendant des siècles, puis furent si brusquement démolies par vague successives de « libération » des moeurs et des coutumes : Mai 68, le féminisme… Mais par quoi les avons-nous remplacés : la foie dans le progrès matériel? Ou serait-ce alors le fabuleux model de famille monoparentale ? Vraiment parfait pour l'éducation des jeunes qui deviennent des adultes toujours plus perturbés !

Le plus marrant est la manière dont certains schémas du catholicisme ont été plagiés par cette quête de bien être matériel. Avant le paradis était spirituel ont y accédait en se comportant « bien » pendant la vie, aujourd'hui on accède au paradis matériel en montant au ciel dans « l'ascenseur social », ce mythe de l'accès au bonheur. Travaillez dur ! Faites des études ! Devenez cadre ! Vous aurez une bonne paye et vous pourrez vous vautrer dans votre sofa devant votre home cinéma. En d'autre terme, sacrifiez vous au travail pour accéder au paradis matériel, cela ne vous rappel rien ? Sacrifiez-vous dans votre vie corporelle pour accéder au paradis lors de votre résurrection.

François Lionet27 octobre 2010

Les solutions pour l'économie

Le Mouvement pour la France est le protecteur et le vecteur de l’expression humaine dans tous les aspects de la société et des expériences contemporaines de nos vies. Il propose des solutions nouvelles et courageuses aux problèmes économiques connus depuis trop longtemps.

L’INDUSTRIE :
Pour ramener une partie de la production industrielle en France, et stopper l’hémorragie des richesses françaises, nous allons raisonner sur la valeur monétaire crée par la vente d’un bien matériel manufacturé. Si le MPF arrive aux responsabilités le gouvernement négociera des accords bilatéraux avec chaque entreprise de niveau international qui voudra prospérer dans l’économie française, en établissant des règles quant à la production des marchandises vendues en France. Elles devront démontrer qu’au moins une proportion suffisante de la valeur crée par le produit qu’elles vendent est redistribuée dans le marché qu’elles entendent pénétrer : le marché français, l’économie réelle française, sinon le produit ne pourra pas être vendu en France.
Par exemple, 50 % de la valeur crée par la vente d’une voiture en France devra être réinjecté dans l’économie française lors de la production de la voiture par le travail des français. C’est la redistribution de la richesse par le travail. Cette condition sera appliqué a tous les produits manufacturés, télévision, téléphone portable etc… Ceci permettra de garantir une part de production et donc d’emploi et de richesse à la France même si les braves ouvriers français sont moins rentables que les ouvriers chinois. Par généralisation du principe, la production mondiale sera ainsi répartie, dans l’optique de plus de justice entre les peuples et dans le but d’éteindre un peu cette pression sur les travailleurs. La survie des usines n’étant plus uniquement dépendante de leur compétitivité en termes de coût, cela permettra de dégager des moyens pour produire différemment, de manière plus respectueuse de l’environnement par exemple.

LE COMMERCE :
Une autre ressource qui, de tous temps, a fait vivre les peuples et produit de la richesse, c’est le commerce. Malheureusement en France cette richesse a été confisquée par les grandes enseignes de la distribution. Leclerc, Carrefour qui sont en fait les vitrines d’intérêt mondiaux déconnectés du peuple français. Ces monstres ont littéralement éradiqué toute les autres filières des distributions des biens (boutiques de centre ville, marchés…). Petit a petit elles ont acquis des positions dominantes qui leurs permettent d’étouffer d’un coté les producteurs (agriculteurs qui vendent a perte) et de l’autre d’escroquer les clients des grandes surfaces en faisant des marges de 200 a 300%, tous les vêtements vendus en grande surface sont produits a moins de 5 euros l’unité en Asie.

Le commerce devra être lui aussi régulé pour plus de justice, et surtout pour rémunérer le peuple, comment laisser certain importateurs faire des marges a 300% voir même 400 % en faisant travailler des ouvriers asiatiques dans les conditions de l’esclavage et escroquer les français avec des marges indécentes. Interdit de vendre une laitue 90 centimes quand elle est achetée a 30 centimes aux producteurs qui vendent parfois a perte, ou de vendre un jean 22 euros quand sont coût de revient est 2 euros au Bengladesh. Comment peut-on moralement accepter de faire travailler des gens comme des esclaves et s’enrichir de la sorte sur leur dos sans rien redistribué à sa communauté. De ce fait, la grande distribution est surdéveloppée et concentre une trop grosse part du commerce entre ses mains, la richesse crée par le commerce doit être repartie et redistribuée au sein de la nation, les bénéfices dégagé par la commercialisation des biens est concentré dans les mains de quelques groupes, carrefour évidemment, mais aussi Leclerc et Auchan. 
Prenons l’exemple de la ville de Sartrouville, Il n’y a qu’un seul immense centre commerciale qui concentre toute la distribution des biens dans la ville, plus de boutiques de centre ville, 1 ou 2 boucherie reste hors du centre commerciale alors que nous parlons d’une ville de 60,000 habitants. La aussi quel est le bénéfice pour le peuple? De pauvres contrats pour des caissières surmenées. Le monopole des centres commerciaux doit être brisé, ne serait-ce que pour garder un niveau de concurrence acceptable, retirer certain type de produit des grandes surfaces, et ainsi repartir les bénéfices du commerce au sein du peuple, pour redistribuer plus de richesse. La viande ne pourra plus être vendu que dans des commerces spécialisés, d’une surface limitée. De même les journaux et les livres seront retirer des grandes surfaces pour recréer des librairies et recréer des emplois. De même pour les vêtements etc. Tous ceci dans l’optique de multiplier les points de vente et repartir les richesses.

Encore en ce qui concerne le commerce, des micro emplacements de vente seront crées aux endroits les plus recherchés pour permettre a de petits vendeurs d’accéder aux bénéfices des meilleurs emplacements qui ont été encore une fois confisqué au français par les géant mondiaux. Imaginer une vingtaine de micro boutiques (6 a 9 m2) placée sur l’avenue des Champs Elysée pour des français. Ce sera 20 nouveaux emplois très bien rémunéré. Pas plus d’une boutique par personne morale ou physique bien sur.

LA FINANCE :
Une taxes sera appliquée sur tous les transferts monétaires a caractère spéculatifs, dans le but de réduire leurs rentabilités et par conséquent de diminuer leurs ampleurs. Les investissements seront assainis et ainsi redirigés vers l’économie réelle.
En effet, comment ne pas faire le parallèle entre le caractère néfaste de la spéculation et le caractère néfaste des jeux d’argent dans la société. Toutes les études sociologiques montrent que les jeux d’argent appauvrissent car il consomme l’argent dans l’économie réelle et l’épuise de manière stérile. En même temps que la Française Des Jeux s’enrichit, les commerces ferment, au même moment ou toutes sorte de pari en ligne et site de poker grandissent, les commerces ferment. Car les ressources sont diriger vers le néant de la dilapidation. Il en est de même pour la spéculation, au lieu d’investir dans de nouvelles usines ou des méthodes de production plus rentables, innovantes. Les acteurs de l’économie jettent leurs ressources dans cette grande loterie de la bourse. Et la encore ce sont les peuples qui perdent car l’investissement ne leurs profitent en rien. Meme pire ils sont pris en otage par les fluctuations des colossales masses d’argent en jeu.

Le système repose sur une seule et unique valeur : plus de profit. Cette obligation est en conflit avec les préoccupations naturelles de l’homme en termes d’environnement, de morale, d’existence. La spiritualité et la vie sociale qui sont des besoins pour les êtres humains ont été écrasés par le bien être matériel, l’illusion qu’il peut supplanter toute nos questions. Des moines arrivent a vivre dans le dénuement total rien qu’en méditant et certains veulent faire croire que la spiritualité est vaine, certains tentent d’obtenir la reconnaissance par tous les moyens et l’on tente de faire croire que l’on peut se passer des autres. Le phénomène du passage à l’acte de personne en général sans histoire qui un beau jour vont, par exemple, braquer une banque avec une extrême violence pour se sentir exister, démontre que le besoin d’existence sociale est vital pour les êtres humains. Or ces deux points sont totalement mis à l’écart, négligé dans les politiques actuelles. Qu’elle soit scientifique, philosophique, religieuse où tout autre chose, la réflexion, le recueillement sont des sources d’apaisement immense pour l’homme. La aussi le Mouvement Pour la France compte agir.

François Lionet

Benjamin Delles
Président
Fédération MPF des Français de l'Etranger

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courriel1000@pourlafrance.fr

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